Le premier brassin

Frix

Ce dimanche, après quelques ultimes péripéties, le premier brassage a enfin eu lieu ! Le Spring Project 2013 est arrivé au terme de sa première phase : brasser de la bière chez soi, voilà, c’est fait. Bien sûr, à la dernière minute, il a fallu aller acheter un nez de robinet de jardinage en 20/27 de façon à pouvoir brancher l’arrivée d’eau (tuyau d’arrosage) sur le serpentin refroidisseur. Honte à moi, j’ai franchi le seuil d’un magasin le dimanche… Mais bon c’était pour la bonne cause, hein…

Donc, j’avais initialement prévu de brasser mes 2 kits de tout grain dans le but d’arriver à environ 40 litres de bière. Puis, pleine d’appréhension à l’idée de foirer mon premier brassin, je me suis dit que, pour commencer, 20 litres, ça serait bien et puis, comme ça, je ne foirerais pas tout mon stock d’un coup. Finalement, j’ai tellement anticipé le fait « qu’un jour, je passerais au brassage direct de 50 litres voire 60 » que 20 litres, bien c’était trop peu pour mes cuves, le niveau d’eau ne dépassait pas mon filtre tresse* (note à venir sur « Comment fabriquer son filtre tresse »). Bref, j’ai torpillé mes 2 kits 20 litres de tout grain.


1) Le concassage

Rien de particulier à signaler. Premier montage du moulin Corona laborieux car je n’avais jamais vu un moulin à céréales de ma vie. Pas évident de comprendre comment le régler de prime abord.  A l’arrivée, ça s’est très bien passé, j’étais plutôt contente de ma mouture et le concassage s’avère une étape marante, surtout quand on est trois à tester le truc et qu’on fait ça en chantonnant « meunier, tu dors… ». Ce n’est pas compliqué et pas dur, il ne faut pas tourner comme un boeuf pour que ça marche, bref, bien quoi.

Il y a eu un petit effet « madeleines de Proust » après car le malt concassé dégage une bonne odeur familière. Impossible, par contre de retrouver le souvenir exact : le Tonimalt ? l’Ovomaltine ? les biscuits Petit Dej ? Bref, une bonne odeur de l’enfance, apaisante… Ca sent bon quoi.

Le concassage et le nettoyage / la stérilisation des instruments ont été effectués la veille du brassage


2) L’empâtage

Là encore, petit temps d’adaptation pour comprendre le fonctionnement du réchaud à paella dans le sens où les flèches pour ouvrir et fermer le robinet d’arrivée du gaz étaient affublées d’un « A » et d’un « C »… Jusqu’à ce que je me rappelle que le réchaud a été fabriqué en Espagne et que donc, il s’agissait simplement du A de « Abrir » et du C de « Cerrar » (welcome back cours d’Espagnol de collège !).

Après pas de soucis, le brassage s’est bien passé. Un peu compliqué de gérer les premiers paliers surtout qu’il a fallu bricoler un support pour que le thermomètre soit toujours immergé dans la cuve ce qui m’a permis de gérer beaucoup mieux les paliers suivants. La maische prenant 1 degré par minute, il fallait rallumer le réchaud 10 minutes avant le palier suivant (10 degrés au dessus) pour pouvoir respecter les temps de cuisson. Pour cette étape, il faut juste être attentif et bien brasser la maische avec le fourquet, bien mélanger tout ça et aussi éviter que les drêches ne collent au fond de la cuve. Là aussi, super odeur de céréales ! On sent bien que le sucre s’extrait car le fourquet est de plus en plus collant.

Petit oubli dans le feu de l’action : le test à l’iode à la fin du brassage que j’ai effectué une fois la filtration faite alors que c’est à faire alors que la maische est encore dans la cuve matière (de façon à pouvoir continuer le brassage si nécessaire). Mais bon, pas de panique, mon test a bien fonctionné : mélange brun foncé signe que l’amidon avait bien été transformé en sucre !

Filtration nickel. Je suis très contente de mes bricolages et installation. Le choix d’avoir une cuve matière qui puisse directement faire office de cuve à filtration a été un bon choix. La tresse ne s’est pas bouchée et le gâteau de drêches s’est bien formé.

Autre plantage dans le feu de l’action : l’erreur énorme dans le nombre de litres d’eau à préparer pour le rinçage des drêches… Je ne sais pas pourquoi j’ai pensé qu’il en fallait seulement 2 par kit alors que la recette indiquait 14 par kit… Peut être parce que sur l’emballage il était stipulé que le kit aboutirait au brassage d’environ 14 litres, qu’il fallait chauffer 12 litres pour le brassage et que, pour moi, le 14 litres était le résultat final. Bref grosse cata. Moi qui avais préparé une cuve d’ébullition exprès et une cuve tampon, je me suis retrouvée à faire chauffer 28 litres d’eau dans plein de casseroles et ma pauvre bouilloire a été mise à contribution… Autant dire que c’est pas top pour limiter le potentiel d’infection de la bière… Connerie à ne pas refaire au prochain brassin…

Par contre improvisation : j’avais prévu une cuve avec du chemipro toujours dispo pendant le brassage, un point lavage en quelque sorte, ce qui s’est avéré être une bonne idée. Il faut re-stériliser et nettoyer pas mal de trucs pendant le brassage, ça fait gagner du temps et ça limite aussi le « stress » vu que tout est à disposition.


3) Le houblonnage

Une heure pour porter le moût à ébullition, une autre heure pour faire infuser le houblon. Patience est le maître mot du brassage.


4) Le refroidissement

Le serpentin a super bien fait son office par contre, le nombre de litres d’eau perdus (en fait non car ils ont servi à arroser tout notre jardin pour cette semaine super chaude et ensoleillée) dans l’opération me fait mal au coeur ! Je réfléchis à améliorer le système de refroidissement pour le prochain brassin en combinant peut-être cuve remplie de glace et serpentin dans le but de diminuer la quantité d’eau exploitée.


5) La mise en fût

Quel moment magique ! J’ai galéré pour la mise en place du barboteur, je n’avais pas remarqué les petits traits servant à indiquer le niveau d’eau nécessaire. Par contre, bon réflexe : enlever le barboteur au moment où j’ai remisé les fûts dans le garage (la déformation du seau pendant le transport aurait « aspiré » l’eau du barboteur dans le moût, risque d’infection maxi alors que tu t’es bien cassé le cul pour stériliser le moût et le refroidir vite)


6) Le test de densité

Un des moments que j’attendais depuis que j’ai reçu le matériel ! Le moût dans l’éprouvette graduée et on plonge le densimètre qui flotte… et indique… une densité de 1060 qui correspond à ce j’étais sensée obtenir en fin de brassage !

Petite ultime panique, je ne sais pas pourquoi je me suis mise à regarder des tutos brasserie après cette longue journée de boulot mais ça ne m’a pas rassuré du tout. Un mec avait introduit le sucre candi fourni avec le kit au moment du houblonnage !! Dans le stress total je me lève, je me mets à faire fondre mon sucre candi dans 2 casseroles d’eau bouillante (pour stériliser l’eau), tout en me disant que c’est foutu, j’ai totalement foiré le truc… Trop déçue… Je reprends mes esprits et me dis que « non, décidément, c’est pas maintenant qu’il faut mettre le sucre, sûr c’est avant l’embouteillage ». Effectivement, j’ai bien fait de me mettre en mode « pause ». Il ne fallait pas mettre le candi maintenant d’autant que j’avais rien dosé du tout, que j’aurais ré-ouvert les fûts de fermentation, contaminer le brassin, etc… Enfin bref, pour le coup j’aurais vraiment foiré le truc ! J’ai bousillé tout mon sucre candi mais j’en ai racheté le lendemain en grande surface. Le sucre candi, apparemment, c’est propre à la bière trappiste…

Moralité : mise en place du matériel le dimanche dans la matinée, début du brassage en début d’aprem, on termine le nettoyage et le rangement vers 23h30. Une grosse journée quand même. Entre les étapes, on a le temps de faire tout ça tranquilou et sans stress. Ca m’a vraiment plu !!

Les fûts de fermentation sont depuis stockés dans le garage où règne, grâce à la chaleur ambiante, une température constante de 22 degrés qui est exactement celle qu’il me faut pour que mes petites levures fassent leur boulot. Ca glougloute à mort dans les barboteurs ! Ce soir, les glouglous se sont un peu calmés. Normalement, demain soir, ça devrait être bon pour le transfert de fût pour la fermentation secondaire. On voit le kraüsen, ça sent déjà un peu la bière dans le garage.

Bref, pour le moment, tout se passe bien !


La suite : le transfert de fût pour la fermentation secondaire, l’achat de bouteilles, de capsules, d’une capsuleuse (ou de bouteilles à bouchon mécanique) et d’un petit frigo pour stocker les bières pendant la période de garde. Je bosse aussi sur un petit logo pour mettre sur les étiquettes. En tout cas, ma prochaine bière, ça sera une Pils !


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