Fermentation et mise en bouteille

Frix

Je vous avais laissé(e)s au moment de la fermentation primaire, 2 jours après le brassage. Mauvaise nouvelle… la bière a chopé une bactérie qui trainait, je ne sais pas et j’ai dû tout jeter, le brassin ayant été infecté… Déception… Ô rage, ô désespoir…

HAHAHAHA !!!! Meuuuuu nonnnnnnnn ! La fermentation primaire s’est super bien déroulée ! Je me suis posée plein de question parce que j’ai eu des doutes sur le moment de l’embouteillage… Sur la fiche de recette fournie avec le kit tout grain (fiche qui explique tout le process d’empâtage à respecter, les paliers puis la durée de fermentation, etc…), il était indiqué que l’embouteillage devait se faire 5 à 8 jours après la mise à en fûts. Moi, d’après ce que j’avais lu sur les différents sites et forums (voir les liens à droite), ça me paraissait super court ! Je me disais « purée mais si j’embouteille trop vite, les bouteilles, ça va être des petites bombes ! ». Le terme « petites bombes » étant à prendre au sens littéral.

Lors de la fermentation primaire, je peux vous dire que ça glougloute à mort dans le barboteur ! Ca bulle en permanence comme si un petit bonhomme était attaché à l’extrémité et passait son temps à souffler dedans comme un malade. Ca veut dire que les levures bouffent un max de sucre et que donc, un max de gaz carbonique est produit lors de l’opération. La présence du barboteur rempli d’eau permet au gaz de s’échapper du seau (afin qu’il n’explose pas…) tout en empêchant les saloperies de rentrer dans le fût et donc de pourrir le brassin. Il faut donc attendre que les levures aient fait un peu de boulot, transformé un maximum de sucre avant d’embouteiller sinon, bonjour les dégâts.

Soucieuse, inquiète, je vais donc chercher des infos sur le forum « Brassage Amateur »… Et merde ! Arrivé à cette étape, il y a autant d’avis que de brasseurs et pas forcément des trucs qui rassurent.  L’espace d’un instant, je me suis crue sur le Doctissimo du brassage : vous cherchez une réponse anodine et vous sortez de là persuadé(e) que tout est foutu. Les avis « ne suivez pas les recettes des kits, c’est bidon » et « le sucre candi rajouté au moment de l’ébullition, pour les trappistes c’est obligatoire » m’ont super rassurée… Lors de la mise en fût, j’avais une densité initiale de 1060 ou à peu près. News : un densimètre ça s’étalonne en fonction de la température de prise, etc… Bon ben si ça se trouve j’avais pas 1060 au départ mais plus… Oulala, oulala, ça se bouscule dans ma tête !!


Un petit pépin ?

Bon a priori je peux déjà identifier un petit « foirage » ou plutôt une petite incompréhension lors de ce premier brassin : le sucre candi est un « booster » de densité. Le principe c’est que tu ajoutes du sucre lors de l’ébullition pour avoir une densité initiale supérieure à cette que tu aurais eu avec du 100% malt (en partant du principe que t’as super bien géré le concassage, les paliers de chauffe qui te permettent d’extraire et de transformer un max d’amidon en sucre, que tu n’as pas mis trop d’eau lors du rinçage des drêche, que cette eau était à bonne température parce que si trop d’eau, ben ça dilue, donc moins de concentration en sucre, donc moins d’alcool…). Vu que lors de la fermentation la densité doit baisser pas mal, ça te permet d’obtenir un pourcentage d’alcool supérieur à ce que tu aurais obtenu avec du 100% malt. En gros, pour produire une bière qui tire au-dessus de 7,5% c’est ajout de sucre impératif lors de l’ébullition (en tout cas quand on est grande débutante comme moi).

C’était donc pour ça qu’il y avait 2 paquets de 500g de sucre candi ! En plus, le candi rajouté lors de l’ébullition, apparemment, ça permet de donner un goût de caramel ou dans le genre. Bref, moi j’ai connement suivi la recette, j’étais déjà assez stressée de savoir si mon matos allait fonctionner, etc.., etc… Et c’était pas marqué dans la recette qu’il fallait rajouter du sucre à l’ébullition.

Bon on verra bien, hein ! Mais on va dire, pour les points positifs, que la bière sera du 100% malt, pas de sucre ajouté et que question santé c’est mieux ! On va dire aussi qu’au lieu d’avoir une bière qui tire à 7/8%, ben elle tirera à 5/6%, et en cette saison et par ces chaleurs estivales harassantes mais tellement agréables, avoir une bière qui tape moins la tronche, c’est pas plus mal. D’ailleurs, pas forcément besoin de faire une ambrée qui cogne pour qu’elle soit bonne, je viens de découvrir la « Bombardier » grâce au Marché aux Vins, supers cavistes de La Roche sur Yon, elle est à 5,2% et elle est top !


La fermentation secondaire

Au bout de 3/4 jours, il n’y avait plus beaucoup d’activité dans les barboteurs. Avec le boulot, les obligations du quotidien, le soucis aussi de ne pas mettre systématiquement en veille toutes mes soirées à 2 pour mes histoires de bière (entre les recherches sur les forums, le matos qui traine et les posts, ça peut faire un peu « no life » à force…), j’ai un peu tardé à faire le changement de fûts. Par ailleurs, j’étais encore en stress d’infecter le brassin lors de l’opération (oui oui je sais, je fais une fixette là-dessus, c’est la fixette de la débutante), j’ai donc tenu à acheter un petit tuyau de soutirage pour limiter au maximum l’exposition à l’air ambiant. Par ailleurs, toujours les doutes sur la durée de la fermentation primaire… Je m’attendais à ce que ça dure plus longtemps que ça ! Et en lisant les forums, je me suis rendue compte que beaucoup parlaient de bière blonde type Pils, pour laquelle, effectivement, la primaire dure plus longtemps et plus bon, je débute hein alors pas forcément super confiance en moi… Le 3/4 jours s’est donc transformé en 7 jours. Bon mieux vaut tard que jamais… Je ne pensais pas qu’il fallait être autant au taquet pour la phase de fermentation…

Accident de changement de fût… Les bourdes à la con qu’il faut faire au moins une fois : le fait d’avoir oublié de fermer le robinet du fût dans lequel on transvase après l’avoir stérilisé et de s’en rendre compte seulement quand on se dit « purée, ça sent bien la bière… » et qu’on constate la flaque sur le béton du garage… Moins 1 litre… Le fait de ne pas assez serrer le système de robinetterie qu’on a préalablement stérilisé (et qu’on a donc démonté du fût) et qui aboutit donc a un « putain !!!! ça fuit !!! » qu’on constate après être venue ranger un truc dans le garage 1/2 heure après le changement de fût… Moins 1 litre… Heureusement que ma moitié m’ a secondée plus que brillamment dans l’expédition « changement de changement de fût » en 1) tenant le fût qui fuyait en arrière de façon à limiter la perte ; 2) me répétant calmement d’arrêter de stresser et que la situation était sous contrôle (parce que j’étais en mode panique !).

Au final, 32 litres. Densité 1020. Hou punaise !!! Il est temps d’embouteiller !! Quoi ?! Déjà ?! Mais j’ai pas de bouteilles !!


La mise en bière…

Moi je pensais que j’aurais au moins 10 jours de fermentation secondaire, pile poil le temps qu’il me fallait pour commander mes bouteilles et mes capsules, acheter ma capsuleuse et recevoir le tout à la maison. C’était sans compter les caprices du destin ! 1020 de densité, si j’attendais encore 10 jours, ma binouze, ça allait être du jus de chaussettes… Et merde ! Pas le temps de commander les bouteilles ! Comment trouver des bouteilles pour 32 litres ?!!!! Récupérer les bouteilles vides de notre « caisse à verre » ok mais y’a pas pour 32 litres… Et les capsules tu les trouves où ? Putain que sur internet !! Dans les choux !! Je file à Gamm Vert, je trouve la capsuleuse. Confiante, je me dis que je vais investir dans des bouteilles de cidre, tant pis j’aurais que des bouteilles de 75cl (j’en voulais des 50cl et des 33cl) mais on s’en fout. Je reviens le lendemain… Putain !!!! Les bouteilles de cidre : 1) y’en a pas assez, faut attendre 4 jours pour recevoir le reste ; 2) ben… ça se capsule pas… PUTAIIIIIINNNNN !!!! Mais pourquoi j’ai pas anticipé l’achat des bouteilles ?! Tellement focalisée sur le brassage, le bricolage… Bah j’ai oublié les bouteilles et puis je pensais pas que la fermentation se ferait autant dans un mouchoir de poche… Putain ça sentait le bon foirage après tout le mal que je m’étais donné !

Et là, miracle !!

J’avais regardé sur le site de Brouwland (la mecque du matos du brassage amateur, entre autres) s’il y avait un « revendeur » dans le coin… J’en ai trouvé un à La Roche sur Yon : V&B. Je suis passée à la boutique, j’ai demandé au gars « vous avez du matériel de brassage ? » ; il me répond « ben c’est à dire ? » et je lui explique mon projet, mon soucis immédiat, l’urgence du truc, etc… Le gars HYPER sympa se pointe avec 3 caisses + un magnum de 2 litres de bouteilles consignées avec bouchon mécanique (il ne vend pas de capsules). Putain sauvée !! Un grand, très grand merci à V&B pour la gentillesse et le coup de main ! Je me retrouve avec 3 caisses plastique de bouteilles de 50cl + une grande de 2l pour 28 euros !! Prix battant toute concurrence, c’est moins de la moitié de ce que j’aurais payé chez Brouwland avec le frais de port. Le gars me dit « quand vous aurez fini, vous me ramenez le tout et je vous rembourse ». Ben en fait, je vais les garder et les caisses aussi (elles sont aussi consignées et donc achetées), hyper pratique pour stocker !

Le soir même, on enlève les étiquettes (merci à ma douce moitié  pour le coup de main !), on met la cuve d’ébullition du brassage sur le réchaud à paella lui-même branché sur son petit cube butagaz et on stérilise tout ça (ça m’a pris toute la soirée du lundi, on attend que l’eau soit à ébullition, environ 1 heure… bah ouais faut stériliser 61 bouteilles, une cuve de 70 litres n’est pas de trop !, et le temps de laisser les bouteilles dans l’eau bouillante, de les enlever, etc…).

Le lendemain soir (ça aurait été mieux si j’avais embouteillé le soir même mais les bouteilles étaient trop chaudes et il était trop tard, et oui je bosse à côté moi mon p’ti monsieur/ou ma p’tite dame ! Bref j’ai préféré repousser au lendemain surtout que j’avais dormi 2h la nuit précédente, ben quoi c’est le 14 juillet ça se fête… Pas de limite de fermeture dans les bars… Bref… Merci Ti’West Coast pour la soirée au passage !) embouteillage ! On fait dissoudre 6g de sucre Candi par litre de brassin, mise en bouteille et le lendemain, mise au frais !!

On avait prévu d’investir dans un nouveau frigo, c’était l’occasion ! Du coup, notre « ancien » frigo me sert de mini chambre froide. Il est rempli (vraiment…) de mes petites bières qui, à part le magnum de 2L, sont stockées debout, parfait, impeccable, favorisant ainsi le dépôt des levures en fond de bouteille.

Un grand merci à ma moitié pour son soutien constant, ses encouragements et ses coups de mains ! Je n’y serais certainement pas arrivée sans elle (d’autant qu’elle m’a conçu mon logo et mes étiquettes pour coller sur mes petites bouteilles). Et maintenant, on attend. Dégustation vers le 20 août. J’espère qu’elle sera bonne, j’espère qu’elle aura de la mousse, j’espère qu’elle aura des bulles, ah !!!! J’espère !!!!!!!!!!!


Rendez-vous fin août pour la dégustation !


En attendant, le blog se met en mode « Summer Time ». Je ferai une note sur la fabrication du filtre tresse et surtout je posterai des petits strips qui ne parlent pas forcément de bière. N’oubliez pas de lire les posts de Morsso sur ses folles aventures chez Pôle !


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